Le Sénat a adopté, dans la nuit du 16 au 17 novembre, la proposition de loi présentée par Mme Nicole Borvo Cohen-Seat et plusieurs de ses collègues relative à l'abrogation du conseiller territorial instauré par la loi du 16 décembre 2010. 
Sans préjuger des conclusions des états généraux de la décentralisation annoncés par le président du Sénat, M. Jean-Pierre Bel, qui devront aboutir à la mise en place de mesures permettant un renforcement et une revitalisation de la démocratie locale, le Sénat a approuvé la proposition de loi et estimé nécessaire d'abroger les dispositions relatives aux conseillers territoriaux.

Elle a, rétabli les articles du code électoral qui ont été modifiés par la loi du 16 décembre dans leur rédaction antérieure à cette  loi et a abroger aussi les articles 81 et 82 de cette même loi.


résultat du vote:

À la suite de la censure du Conseil Constitutionnel, le parlement a examiné de nouveau le nombre de cantons par région et par département.

Le nouveau tableau, adopté le 7 juin dernier par le Sénat,  ne modifie pas la répartition girondine : 79 conseillers territoriaux sur un total de 211 en Aquitaine.

Lors du débat, Philippe RICHERT, ministre des collectivités territoriales, a apporté certaines précisions aux questions en cours.

1/ Sur le REDÉCOUPAGE des cantons

La loi a prévu que les limites des cantons correspondront à celles des circonscriptions législatives et qu'elles ne diviseront pas une commune de moins de 3.500 habitants.

Philippe RICHERT a précisé la méthode et le calendrier :

« Le principe est donc d’une démarche en deux temps : après cette première phase durant laquelle nous travaillerons sur les régions dans lesquelles ne se dérouleront pas d’élections sénatoriales en septembre, nous passerons ensuite aux régions dans lesquelles ces élections auront eu lieu. Vous comprenez qu’une telle dissociation est indispensable afin que tout se passe dans la plus grande sérénité. Je tiens à apporter une autre précision : nous devrons, vous l’aurez compris, avoir achevé ce travail avant le mois de mars 2013, dans la mesure où il faut respecter un décalage d’un an par rapport à l’élection des premiers conseillers territoriaux, en mars 2014. »

Le redécoupage devrait donc faire l’objet de plusieurs phases :

  • un premier projet de découpage concernant quelques régions sera soumis avant l’été au Conseil d'Etat afin que ce dernier précise si les écarts de population envisagés entre les cantons d'un même département sont acceptables.

Il est en effet rappeler que l’écart des +/_ 20% de la population d’une circonscription législative, imposée par le Conseil Constitutionnel, ne s’applique pas aux élections locales qui relèvent de la compétence du Conseil d’Etat. Ce dernier a toutefois fréquemment demandé un écart « raisonnable » de population entre les cantons.

  • À l’automne, des propositions seront faites dans les régions et départements non concernés par les élections sénatoriales" (et donc en Gironde).

Selon le Ministre, ce remodelage se fera selon des critères essentiellement démographiques", mais "des dérogations d'intérêt général seront admises", en particulier pour les territoires ruraux et montagneux.

Les limites des intercommunalités serviront "chaque fois que possible de base à la délimitation des cantons".

  • In fine, le redécoupage cantonal fera l’objet d’un projet de décret pour chaque département. Ils seront soumis à l'avis des conseils généraux (article L. 3113-2 du CGCT), mais pas à celui des Conseils régionaux.

« Il va de soi que les conseils généraux seront consultés, que les parlementaires concernés seront interrogés et que le Conseil d’État devra valider notre travail… l’avis du conseil régional, qui sera dorénavant formé de la réunion des conseils généraux de la région, n’est pas nécessaire puisque ses membres, en tant que conseillers généraux, seront déjà consultés. »

  • Les décrets seront publiés au plus tard en mars 2013.

2/ Sur le projet de SDCI soumis à la CDCI

Le Préfet ne sera pas lié par le projet de SDCI notifié aux collectivités en mai. Il pourra tenir compte de l’avis de ces dernières et proposer à la CDCI un texte modifié.

Nous ne savons toujours pas  la CDCI votera ou non sur l’ensemble du projet présenté par le Préfet (cf ma question au ministre). Selon le Préfet de Gironde que j’ai interrogé, la loi ne prévoit pas un tel vote. Si tel est le cas, le pouvoir de la CDCI se limitera à amender à la majorité des 2/3 les propositions du préfet sans possibilité de s’opposer à l’ensemble du schéma.

Toutefois, Philippe RICHERT a assuré :

« je souhaite que l’organisation du schéma départemental des EPCI se fasse par coproduction… le projet de schéma élaboré par le préfet a pour vocation de servir de base à la discussion. Cela suppose que le préfet ne va pas nécessairement s’arc-bouter sur sa proposition initiale et que celle-ci pourra évoluer, en fonction des observations des élus… Cela ne signifie pas que le préfet doive tout approuver, mais, très souvent, les propositions formulées par les élus méritent d’être prises en considération… La loi dispose que, dans le cas où il serait impossible, en raison de blocages ou de difficultés particulières, que le schéma soit adopté avant le 31 décembre 2011, le préfet pourra décider de déroger à cette date ».

3/ Sur la fin des mandats des vice-présidents des intercommunalités.

En l’état de la loi, les mandats des vice-présidents d’intercommunalités prendront fin avec la fusion de plusieurs EPCI, même si celle-ci intervient avant 2014. 

 

Devant le groupe socialiste du Sénat, l'institut HARRIS INTERACTIVE a présenté le 24 mai 2011 une enquête effectuée auprès de 500 élus locaux (conseiller municipal, conseiller régional, conseiller général).

Les principaux résultats sont les suivants :

1/ SUR LA VISION DES ÉCHELONS LOCAUX ET DE L'ÉVOLUTION DES SERVICES PUBLICS.

L'échelon local jugé le plus essentiel est la commune (80%), puis l'intercommunalité (64%), devant les conseils généraux (53%), les conseils régionaux

(46%). Les cantons ne sont considérés comme essentiels que par 34% des élus.

L'ensemble des services publics locaux est perçu comme en voie de dégradation par la quasi-totalité des élus locaux. En  particulier, la Poste et les structures de santé. 

2/ SUR LA REFORME TERRITORIALE

- 77% des élus locaux estiment qu'ils n'ont pas été "suffisamment consultés dans l'élaboration de la réforme territoriale". 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a établi le texte qui sera soumis au vote des députés à partir du 15 septembre prochain.

A la demande du gouvernement, la commission est largement revenue sur les modifications apportées par le Sénat.

  • Ø Le Conseiller territorial : mode de scrutin rétabli.

Les conseillers territoriaux sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Ils sont renouvelés intégralement tous les six ans.

Le seuil exigé pour se porter candidat au second tour des élections cantonales est porté de 10% des inscrits à 12,5%.

La délimitation des nouveaux cantons devra respecter les limites des circonscriptions législatives. Une commune de moins de 3 500 habitants devra être incluse dans un seul canton (idem Sénat)

La représentation moyenne de chaque département doit se situer dans une fourchette de plus ou moins 20% par rapport à la représentation moyenne des habitants par conseiller territorial à l’échelon de la région (idem Sénat).

Le nombre de conseillers territoriaux en Aquitaine et en Gironde n’est pas modifié :

Aquitaine 211

Dordogne 33

Gironde 79

Landes 27

Lot-et-Garonne 27

Pyrénées-Atlantiques 45

  • Ø Les métropoles : transfert de la taxe foncière

Le transfert de plein droit de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue par les communes membres et la possibilité de transférer à une majorité qualifiée leur dotation globale de fonctionnement à l’échelon de la métropole, supprimé par le Sénat, est rétabli.

Le projet de réforme des collectivités territoriales a été adopté en seconde lecture à une courte majorité de six voix par le Sénat dans la nuit du 7 juillet après dix jours de débat.

Il sera examiné à l’automne par l’Assemblée nationale.

En cas de divergence, le texte sera soumis à la Commission mixte paritaire.

QU’Y A-T-IL DE NOUVEAU DANS LE PROJET ?

  • Ø Le conseiller territorial est acté par les deux assemblées, mais nous ne connaissons pas comment il sera élu.

Initialement, le gouvernement souhaitait un scrutin mixte, comportant 80% des élus au scrutin uninominal à un tour 20% au scrutin proportionnel avec liste départementale. Il a soudainement proposé un scrutin uninominal à deux tours. Le Sénat a refusé de voter tout mode de scrutin.

D’abord rejeté de quatre voix, le tableau fixant le nombre de conseillers territoriaux a fini par être adopté dans la nuit. Il y aura ainsi 211 conseillers territoriaux en Aquitaine dont 79 en Gironde.

Les conseillers territoriaux seront élus dans des « territoires » et non plus dans des cantons. Un territoire comprendra plusieurs cantons considérés comme des entités administratives.

Les territoires seront délimités par décret. Selon les indications du gouvernement, un territoire devra compter au moins 15 000 habitants. Il n’aura pas l’obligation de respecter les limites des intercommunalités, mais il pourra dépasser celles des circonscriptions. Les Préfets travaillent déjà à cette future carte des territoires.

Pour résumer, nous avons un conseiller territorial dont nous ne savons pas comment il sera élu ni ce qu’il fera (cf infra).

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