Mercredi dernier, la commission des lois du Sénat auditionnait Éric BESSON sur son budget 2010. J’ai ainsi eu l’occasion – je ne dirai pas la chance – de le questionner sur cette dépense particulière que constitue le débat sur l’Identité nationale.
Voilà en effet un débat qui mobilise les Préfets et l’administration d’État, suscite la création d’un site Internet, avec comme point d’orgue, une grande journée prévue le 4 février.
Sans doute, le montant de la dépense reste-t-il marginal – ce fut la réponse, non chiffrée, de M.BESSON -, mais pour autant, les deniers publics sont-ils bien utilisés ?
Il suffit de lire les articles 1 et 2 de la Constitution pour connaître l’Identité que la République a souhaité donner à notre pays : Liberté, Égalité, Fraternité. Trois mots suffisent à nous distinguer, trois mots qui racontent une longue histoire jamais achevée, trois mots qui ont fait le tour du monde, et qui, partout, sonnent comme des valeurs fondatrices de l’humanisme.
Mais voilà, ils ne suffisent pas à Éric BESSON et à son mentor, caché derrière lui. Sur le site spécialement créé par le Ministère de l’Immigration, l’allusion à la « burka » nous fait comprendre que, pour lui, le débat consiste à savoir qui est Français et ne l’est pas. Je le lui ai fait remarquer que demain, la discussion portera sur « qu’est ce qu’être un bon Français ? ». Faut-il rappeler que le dernier débat sur l’Identité nationale a eu lieu sous Vichy, entre 1936 et 1944 [1] ?
Mais bon, Éric BESSON ne s’intéresse pas à ces polémiques politiciennes. Lui, il regarde la ligne bleue horizon, la ligne «Maginot» de l’identité française, le sillon creusé par le sang dans cette terre de France, souillée par le métissage.
Mais alors, pourquoi lancer ce débat à quatre mois des élections régionales et organiser sa grande manifestation à cinq semaines du premier tour ? Ne s’agit-il pas là d’une vulgaire dépense électorale en forme de drapeau franchouillard agité devant l’électorat lepéniste ?
La réponse est simple, simpliste : « Mais non, Monsieur le Sénateur, n’y voyez aucune manœuvre, il s’agit à mi-mandat, de respecter la lettre de mission élyséenne. ». Au fond, une simple question d’identité ministérielle. Mon pauvre Monsieur, il faut bien justifier de son appartenance au gouvernement.
[1] Cf L’opinion française sous Vichy ; les Français et la crise de l’Identité nationale, Pierre LABORIE.
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