Mais pourquoi donc avons-nous donné le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections municipales ? Et ce alors que nous savons que l’actuelle majorité de l’Assemblée nationale renverra aux oubliettes un texte que le Sénat avait enterré depuis trente ans. Par provocation, par inconscience, pour diviser la Nation ?
A quoi bon ce déchaînement de passions qui nous a valu de voir le Premier Ministre venir s’opposer au texte à la tribune et Marine LE PEN manifester devant les portes de la Haute Assemblée ?
En étroite collaboration avec notre candidat à l’élection présidentielle, nous avons pris cette décision pour une raison simple : montrer que la gauche lorsqu’elle est majoritaire tient parole.
L’engagement a été pris par François MITTERRAND dés 1981, il a été renouvelé à chaque élection, il a même abouti à un vote favorable des députés lors du gouvernement de Lionel JOSPIN. Depuis des décennies, nous affirmons notre volonté de favoriser l’intégration des étrangers dans notre République en leur reconnaissant le droit de se mêler des affaires municipales qui les concernent : le logement, l’éducation, le social…
Ce débat, porté par toute la gauche, et soutenu aussi par les amis de François BAYROU, a permis de mettre à jour plusieurs clivages.
Il a montré que la droite de la droite ne rate jamais une occasion de manifester ses contradictions de telles questions.
Hier, un futur président de la République, Nicolas SARKOZY, un futur ministre de l’Intérieur, Brice HORTEFEUX, un futur Premier Ministre, Jean Pierre, RAFFARIN, entre autres, se sont prononcés en faveur d’un tel droit de vote aux élections locales. Notre rapporteure, Esther BENSASSA, membre d’Europe écologie les Verts, a rappelé à la tribune les propos des uns et des autres et notamment ceux de Nicolas SARKOZY dans un livre, il est vrai, intitulé « LIBRE » : « J'avoue ne pas être outrageusement choqué par la perspective de voir des étrangers, y compris non communautaires, voter pour les scrutins cantonaux et municipaux. »
Dix ans plus tard, la droite s’est ressaisie. Jusqu’au mensonge. Non, elle n’a jamais soutenu un tel projet que seule la gauche peut imaginer. Claude GUEANT, Ministère de l’Intérieur, n’a pas lésiné sur la caricature « Très franchement, je n'ai pas envie de voir dans le département de la Seine-Saint-Denis, qui a une forte population étrangère, la majorité des maires devenir étrangers » alors que notre texte s’il donne un étranger non communautaire de voter et de devenir conseiller municipal ne lui permet pas de devenir adjoint ou maire, ni même électeur aux élections sénatoriales. Quelques jours plus tard, il est heureusement revenu sur cette tromperie sans que l’on sache si elle avait pour origine l’incompétence ou la mauvaise foi.
Sur le fond, le débat est essentiel. Comment éviter le communautarisme qui rendra de plus en plus invivable notre société ? En excluant ou en intégrant.