VISITE DE LA PRISON DE GRADIGNAN
Ce matin, en compagnie d’Alain ROUSSET et Michèle DELAUNAY, en notre qualité de parlementaire, nous nous sommes rendus à la prison de Gradignan.
Une prison ordinaire. Où le taux de suicide est un peu plus élevé qu’ailleurs. Où comme ailleurs règne la violence entre détenus, ce viol par exemple commis il y a quelques années par un homme sur son compagnon de cellule. Où l’on voit se côtoyer un condamné de droit commun et un pauvre palestinien, coupable d’immigration clandestine. Où depuis longtemps, il y a beaucoup plus de détenus que de places. Où parfois, pas ce matin, prospèrent des rats, plus nombreux encore que les individus.
La visite d’une prison est toujours une épreuve. A laquelle, nous sommes tous confrontés, y compris les surveillants. L’odeur âcre, la pâleur des visages, la succession des portes, des serrures, des clés, la cour interne à l’étage du quartier disciplinaire ou du quartier d’isolement… Chacun y tourne en rond, dans l’ennui, dans l’attente, dans la peur. Bien sûr, jamais nous ne devons oublier ceux qui ne sont pas là, les victimes. Mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le prison, faut-il seulement surveiller et punir, ou préparer la réinsertion et éviter la récidive.
Et si on commençait par ne plus mettre en prison, ceux qui n’ont pas à s’y trouver : les sans-papiers, les malades mentaux, les fins de peine qui doivent réapprendre, par le bracelet électronique, à vivre libre et en société ? Et si, en même temps, nous appliquions les règles pénitentiaires européennes, et la première d’entre elles, le droit au respect qui commence par l’encellulement individuel et qui se poursuit certainement par le droit à l’activité, seul chemin de la réinsertion. Et si, nous commencions, nous parlementaires, par voter des moyens budgétaires à la hauteur de nos indignations.



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