La tempête du 24 janvier, la dévastation de la forêt, les dommages subis par les hommes, posent de nouveau les mêmes questions que celles de décembre 1999. Nous nous retrouvons face à un paysage dévasté avec des familles soudain dépourvues d’électricité, d’eau, démunies, s’interrogeant devant leur toiture éventrée.
Conscients des conséquences du réchauffement de la planète, nous incriminons spontanément le dérèglement climatique. Les météorologues sont moins catégoriques. Plus généralement, ayons la sagesse d’admettre que dans ce temps long de la nature, les catastrophes se sont toujours succédé sans que nous en conservions la mémoire. Il est vraisemblable que l’un des plus terribles tsunamis a englouti la civilisation minoenne bien avant que le monde ne connaisse les gaz à effets de serre.
Notre orgueil humain nous fait oublier que nous sommes partie intégrante de la nature qui nous impose ses rythmes, ses lois, la vie et la mort.
Bien entendu, ce rappel à la modestie ne doit pas conduire à baisser les bras. Ni dans de nouveaux efforts de prévention ni dans d’indispensables travaux de réfection. La tempête d’ailleurs remet chacun à sa place. Elle rappelle que « le chacun-pour-soi », si bien porté dans notre société, ne résiste pas aux grands évènements qu’ils soient naturels, économiques ou sociaux. Nous avons besoin de l’autre, quelle que soit sa race ou la couleur de sa peau, son origine sociale et sa profession. Les catastrophes naturelles renforcent spontanément notre sociabilité. L’un prête sa scie, l’autre son groupe électrogène, et la plupart d’entre nous s’inquiètent de la situation des personnes isolées. Nous réapprenons à vivre ensemble. Faut-il ajouter : provisoirement.
Je me permettrai enfin de relayer une observation. À longueur de journée, les élus sont critiqués. Trop nombreux, trop coûteux, pas assez proches des gens… En fait, les élus ne comptent pas le temps qu’ils consacrent aux questions de leurs administrés. Cette mission n’apparaît pas toujours au grand jour. Elle devient éclatante dans ces moments difficiles. Plus généralement, l’action publique conduite pas les élus ou les fonctionnaires se révèle indispensable lorsque la crise survient.