source : http://www.sudouest.com/gironde/actualite/langonnais/article/781774/mil/...
DÉBAT. Les réformes des collectivités locales et de la taxe professionnelle mobilisent parti-culièrement les élus locaux. Ils y voient la volonté de l'exécutif d'éliminer les contre-pouvoirs
Mobilisation et pédagogie : des élus contre les réformes
Divers élus locaux de gauche avaient donné rendez-vous au public vendredi soir afin de parler de la réforme des collectivités territoriales et la disparition annoncée de la taxe professionnelle.
À Bazas, ce sont le sénateur Alain Anziani et le député François Deluga, socialistes, qui ont pris la parole avant de répondre aux questions du public. À Langon, Bruno Fourny, secrétaire de la section langonnaise du PS, Christophe Miqueu, secrétaire du comité du Parti de Gauche de l'Entre-deux-Mers et les conseillers généraux Jean-Jacques Paris (Bègles) et Michel Hilaire (Saint-Macaire) ont voulu présenter un front de gauche uni contre ces réformes. Après avoir expliqué que, pour lui, les collectivités ne sont ni trop nombreuses, ni trop coûteuses, contrairement à ce qu'établit le rapport Balladur dans son introduction, le sénateur Alain Anziani a tenu à expliquer, dans les grandes lignes mais point par point, en quoi consistent précisément ces réformes afin que chacun puisse en saisir l'enjeu.
Les conseillers territoriaux
La fusion des conseillers régionaux et généraux en conseillers territoriaux n'est selon lui « pas logique », un rapprochement entre maires et conseillers généraux semblant plus pragmatique à qui connaît les réalités du terrain. Mais c'est le mode de scrutin, uninominal à un tour, qui dérange le plus Alain Anziani. « Le premier tour avantage l'UMP, donc autant se débarrasser du deuxième tour, ironise le sénateur. D'autant qu'en introduisant une dose de proportionnelle, l'on empêche de voir se constituer deux grands pôles principaux. » Les petites formations, plutôt que se regrouper, seraient en effet tentées de se présenter dans l'espoir de récupérer des sièges à la proportionnelle, qui fonctionnerait alors comme un rattrapage. Le Conseil constitutionnel pourrait toutefois s'opposer à ce mode de scrutin.
Les métropoles
Les grandes métropoles, qui devaient récupérer les compétences des conseils généraux, ne prendraient finalement en charge que le transport scolaire et la voirie, voire les questions économiques si une convention n'est pas signée. Et Alain Anziani de sourire à s'imaginer Alain Juppé, maire de Bordeaux, dépendant des dotations de Vincent Feltesse, président de la CUB.
La taxe professionnelle
L'ensemble de la gauche soutien une réforme de « l'impôt imbécile », héritage de Jacques Chirac datant de 1975. Mais l'obscurité qui entoure la manière dont les 30 milliards d'euros qu'ils représentent vont être compensés auprès des communes fait douter les élus. Outre le report de charges fiscales - des entreprises vers les ménages - qu'elle engendrerait, la disparition de la taxe professionnelle signifie aussi probablement une perte d'autonomie financière pour les communes, qui recevraient alors des dotations de l'État.
Après l'audiovisuel public, l'Assemblée nationale et bientôt la justice, ces réformes sont, selon le député François Deluga, une manière de plus pour l'exécutif de « prendre en main tous les pouvoirs ».