Piqué par la mouche sécuritaire qui vibrionne depuis juillet. Christian ESTROSI vient d’illustrer un fait simple. Le discours sécuritaire provoque toujours des excès, et disons le des bêtises.
Depuis la sortie de Nicolas SARKOZY, nous assistons à un concours de surenchère répressive. Bien entendu dans ce noir carrousel, le tour des élus locaux devait finir par arriver. Les élus locaux sont des boucs émissaires faciles à trouver. Diable, comment ne l’a-t-on pas compris plus tôt ! Si notre pays souffre de délinquance, il le doit au laxisme de ses élus ! La solution est dès lors simple : les punir. Voilà la proposition d’un membre du gouvernement, Ministre de l’Industrie : coller de « fortes amendes » aux communes qui se laisseraient aller en matière de sécurité, de prévention de la délinquance, ou de lutte contre l’absentéisme scolaire !
Les élus locaux ne peuvent que tomber de haut. Depuis plus d’un an, le Gouvernement répète qu’il convient de veiller à la répartition des compétences. Et soudainement, l’un de ses ministres propose de faire supporter aux communes une responsabilité qui appartient à l’État.
En fait, la ficelle est grosse. Trop grosse. Il s’agit de se défausser une nouvelle fois sur les élus locaux qui ne feraient pas leur travail. Et donc de ne pas parler de la suppression des 10 000 policiers en cinq ans, de la fermeture de commissariats ou de gendarmerie, et de l’échec du Ministère de l’Intérieur dans la lutte contre la délinquance…
Avec beaucoup d’honnêteté, Jacques PELLISSARD, président de l’Association des Maires de France, élu UMP, a d’ailleurs rappelé que les « maires n’ont pas de compte à rendre à l’État ».
Quant au Ministre compétent, Brice HORTEFEUX, il vient de tenter d’adoucir le propos de son collège de l’Industrie en parlant d’un nécessaire dialogue respectueux entre l’État et les Communes.
Pourtant le Ministre de l’Intérieur oublie de préciser qu’il a lui-même, le 22 juillet, envoyé une circulaire à ses préfets leur demandant d’enquêter sur les mesures de prévention prises par les maires. Il ne s’agit pas simplement de recenser les contrats locaux de sécurité, les contrats de réussite éducative, les politiques de quartier, ou encore les efforts de mixité sociale que nous mettons en œuvre depuis des années. Le but est de mesurer la contribution des communes à la politique sécuritaire du gouvernement. En prévoyant de les sanctionner, Christian ESTROSI a simplement été trop vite…
Une fois lâchée, la mouche sécuritaire n’a pas fini de voler.
Commentaires
5 commentaire(s) publié(s)A inscrire au florilège de la Sarkozye à court de projets efficaces.
Vitupérer devient un pricipe de gouvernement.
Bernard Huet
A inscrire au florilège de la Sarkozye à cours de projets efficaces.
Vitupérer devient un pricipe de gouvernement.
Bernard Huet
Bravo Alain pour tous tes commentaires... Les forces vives de ce pays et la gauche doivent tout faire pour chasser du pouvoir cette bande de réactionnaires et leur chef... et proposer aux Français une véritable alternative démocratique en 2012.
Merci Alain de nous rappeler que Brice Hortefeux avait dejà mis au ban les élus locaux!
Merci Alain de nous rappeler que Brice Hortefeux avait dejà mis au ban les élus locaux!
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