Ces derniers jours, une livraison de statistiques éclaire ou assombrit, c’est selon, notre pays.
Le premier chiffre fait la « Une » des journaux. En 2009, 16 350 ménages ont bénéficié du bouclier fiscal. Pour être plus précis, 979 personnes ont reçu un chèque de l’ordre de 368 000 euros. En règle générale, l’heureux bénéficiaire dispose d’un patrimoine supérieur à 16 millions d’euros.
Rassurez-vous ou cramponnez-vous : les niches fiscales sont plus profitables que le bouclier fiscal. Grâce à elles, le taux d’imposition des plus hauts revenus fond jusqu’à 20 %, très loin de cette fiscalité progressive qui, paraît-il, est le propre de toute fiscalité juste et efficace. 20 milliards dévoyés du budget de l’État adoucissent ainsi la vie de ménages percevant entre 500 000 euros et 13 millions d’euros par an !
Bien entendu, ces revenus ne résultent pas du célèbre « travailler plus pour gagner plus ». La plus grande partie d’entre eux proviennent du patrimoine, de plus value ou de levée d’option.
Le résultat claque comme une gifle. Les 10 % des contribuables les plus riches gagnent trois fois plus que les 10 % des concitoyens les plus pauvres. Et les revenus des premiers augmentent quatre fois plus vite que les revenus des seconds.
Le résultat est dramatique. 8 millions d’individus vivent en dessous des 908 euros du seuil de pauvreté. Et 10 millions de personnes sont touchées par la crise du logement. Cette population, silencieuse, comprend un grand nombre de familles monoparentales, d’immigrés et bien entendu de chômeurs.
Pour mémoire, un dernier chiffre. Fin 2009, la dette publique française bat un nouveau record : 1 489 milliards d’euros.
Le gouvernement annonce que pour retrouver l’équilibre budgétaire, il va réduire les dépenses de la Nation. Il a tout compris. Les plus riches n’utilisent guère les services publics !
La justice fiscale est le choix d’une société juste. C’est aussi une méthode de bonne gestion. Le gouvernement a perdu de vue l’une et l’autre.
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