Un ami m’a posé cette question: pourquoi ne dis tu rien du congrès sur ton blog ? La vérité est simple : je n’en ai pas éprouvé la nécessité.
Peut-être parce j’ai un sens aigu du relatif, surtout en politique où les vérités définitives se succèdent aussi rapidement que les victoires et les défaites. Nous nous querellons, nous nous injurions parfois (pas toujours), et puis la vie reprend, et quelques mois, quelques années plus tard, nous nous engageons avec la même fougue dans d’autres querelles, d’autres injures, avec d’autres alliés et d’autres opposants.
Notre histoire, l’histoire en général, est pleine de meurtres provisoires entre amis. La presse qui n’a pas de mémoire annonce à chaque fois la fin du parti socialiste ou du moins sa probable explosion en tous les cas son affaiblissement. Je l’ai vécu en 1993, en 2001, aujourd’hui à chaque fois avec le même ton péremptoire. Jamais pourtant les socialistes ne se sont autant déchirés qu’à Metz au nom de lignes politiques et de leadership différents. Deux ans plus tard, les électeurs, apparemment peu impressionnés par nos divisions, portaient François MITTERRAND au pouvoir. Pierre MAUROY, l’adversaire est devenu Premier Ministre, puis quelques années plus tard, Michel ROCARD, un autre irréductible, se retrouvait lui aussi à Matignon. Il y a quelques années, j’ai vu à la sortie de l’université d’été de La Rochelle, un Lionel JOSPIN, seul, très seul attendre son bus sous la pluie. Quelques années plus tard, il était un Premier Ministre très entouré à qui on promettait la présidence de la République. Je me rappelle que les adversaires d’aujourd’hui, Vincent PEILLON, Arnauld MONTEBOURG et Benoît HAMON ont fondé ensemble le nouveau parti socialiste. Au fond, dans ce parti, selon la formule, tout le monde a été avec et contre tout le monde. Est-ce si étonnant ? A bien y réfléchir, non, trois fois non.
Je ne veux pourtant pas dire qu’il n’y a pas de différence entre nous, mais que souvent ces différences varient au gré des circonstances et que parfois elles cachent de vraies distinctions. Qu’est ce qui opposaient François MITTERRAND et Michel ROCARD ? Un projet de société, sans doute pas. Une stratégie d’union de la gauche,oui, pendant quelques temps. Le fait qu’il ne pouvait y avoir deux leaders dans le même parti ? La question a été vite tranchée. Non, pour moi, leur opposition se fonde dans des pratiques et finalement des cultures politiques de nature différente. Mais ceci est une autre histoire, à moins que ce ne soit la même que celle que nous vivons aujourd’hui.