Ce matin, en compagnie d’Alain ROUSSET et Michèle DELAUNAY, en notre qualité de parlementaire, nous nous sommes rendus à la prison de Gradignan.
Une prison ordinaire. Où le taux de suicide est un peu plus élevé qu’ailleurs. Où comme ailleurs règne la violence entre détenus, ce viol par exemple commis il y a quelques années par un homme sur son compagnon de cellule. Où l’on voit se côtoyer un condamné de droit commun et un pauvre palestinien, coupable d’immigration clandestine. Où depuis longtemps, il y a beaucoup plus de détenus que de places. Où parfois, pas ce matin, prospèrent des rats, plus nombreux encore que les individus.
La visite d’une prison est toujours une épreuve. A laquelle, nous sommes tous confrontés, y compris les surveillants. L’odeur âcre, la pâleur des visages, la succession des portes, des serrures, des clés, la cour interne à l’étage du quartier disciplinaire ou du quartier d’isolement… Chacun y tourne en rond, dans l’ennui, dans l’attente, dans la peur. Bien sûr, jamais nous ne devons oublier ceux qui ne sont pas là, les victimes. Mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le prison, faut-il seulement surveiller et punir, ou préparer la réinsertion et éviter la récidive.