Roman POLANSKI est un immense metteur en scène et un homme éprouvé par l’assassinat de son épouse, Sharon Tate, enceinte. Pour son talent et sa douleur, il mérite notre respect.
Il se trouve aujourd’hui confronté à son passé. Sans qu’aucun de nous ne sachions très bien ce qu’est ce passé.
Que nous dit-on ?
En 1977, une enfant de 13 ans, Samantha GEIMER prétend avoir été invitée pour une séance de photos, droguée, puis violée par POLANSKI. Emprisonné, ce dernier plaide coupable, non pas de viol, mais de relation sexuelle avec une mineure. Libéré, sans attendre son procès, il fuit les États-Unis et s’installe en France. Son pays d’origine lance un mandat d’arrêt. Quelques années plus tard, ses avocats concluent une transaction avec Mme GEIMER qui, tout en refusant de remettre en cause le viol, accepte l’indemnisation proposée. Trente-deux ans écoulés, sur une énième demande de la justice américaine, POLANSKI est arrêté à Zurich. Conformément aux accords entre les deux pays, POLANSKI sera peut-être extradé vers les États-Unis où il fera l’objet du procès qui aurait dû avoir lieu dans les années 1980.
Les plus grands noms du cinéma appellent à libérer POLANSKI… Le Président de la République s’associe à cette demande. Le ministre polonais des Affaires étrangères souhaite une grâce. Sans doute, l’opinion ne comprend pas cette arrestation d’un homme de plus de soixante-quinze ans… Tous invoquent le génie de l’individu, l’oubli du temps, l’attitude de la victime.
Que vaut « cette défense » au regard des règles de droit qui doivent s’appliquer dans toutes affaires criminelles ?