Le projet de réforme des collectivités territoriales a été adopté en seconde lecture à une courte majorité de six voix par le Sénat dans la nuit du 7 juillet après dix jours de débat.

Il sera examiné à l’automne par l’Assemblée nationale.

En cas de divergence, le texte sera soumis à la Commission mixte paritaire.

QU’Y A-T-IL DE NOUVEAU DANS LE PROJET ?

  • Ø Le conseiller territorial est acté par les deux assemblées, mais nous ne connaissons pas comment il sera élu.

Initialement, le gouvernement souhaitait un scrutin mixte, comportant 80% des élus au scrutin uninominal à un tour 20% au scrutin proportionnel avec liste départementale. Il a soudainement proposé un scrutin uninominal à deux tours. Le Sénat a refusé de voter tout mode de scrutin.

D’abord rejeté de quatre voix, le tableau fixant le nombre de conseillers territoriaux a fini par être adopté dans la nuit. Il y aura ainsi 211 conseillers territoriaux en Aquitaine dont 79 en Gironde.

Les conseillers territoriaux seront élus dans des « territoires » et non plus dans des cantons. Un territoire comprendra plusieurs cantons considérés comme des entités administratives.

Les territoires seront délimités par décret. Selon les indications du gouvernement, un territoire devra compter au moins 15 000 habitants. Il n’aura pas l’obligation de respecter les limites des intercommunalités, mais il pourra dépasser celles des circonscriptions. Les Préfets travaillent déjà à cette future carte des territoires.

Pour résumer, nous avons un conseiller territorial dont nous ne savons pas comment il sera élu ni ce qu’il fera (cf infra).

L’Assemblée nationale a adopté aujourd’hui le projet de loi de réforme des collectivités territoriales.

Le texte a été voté par 276 voix contre 240, soit une majorité parmi les plus faibles depuis le début du quinquennat. Les députés de gauche ont voté contre, et le Nouveau Centre s’est abstenu.

Le projet va maintenant être de nouveau examiné par le Sénat à compter du 28 juin, avant de revenir en seconde lecture devant l’Assemblée nationale et être arbitré lors d’une commission mixte paritaire.

Le gouvernement souhaite qu’il soit adopté avant la fin de la session, c’est à dire à la mi-juillet.

Les principales évolutions sont les suivantes :

  • Ø Le conseiller territorial sera élu lors d’un scrutin à deux tours.

Le gouvernement renonce à imposer un scrutin mixte à un tour avec 80% de conseillers territoriaux élus au scrutin majoritaire et 20% au scrutin proportionnel.

La barre de qualification pour le second tour est portée de 10% des inscrits à 12,5%, ce qui revient de fait à écarter pratiquement toute triangulaire.

La parité sera la grande perdante de ce nouveau scrutin.  Pour « compenser » cette régression, le gouvernement prévoit une sanction financière pour les partis ne respectant pas la parité lors de ces élections (solution déjà en vigueur pour les législatives).

Les centristes menacent de ne pas voter le texte lors de son réexamen par le Sénat où il n’y aura pas alors de majorité. Des évolutions peuvent donc encore intervenir.

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