QUINZE ANS À LA TÊTE DU PS, POLITIQUE. Alain Anziani, élu dimanche, a découvert le Sénat hier. C'est une consécration pour ce socialiste qui a souvent fait l'impasse sur son intérêt propre
Gentleman sénateur
La politique n'est pas l'apanage exclusif des tueurs. Il arrive aussi que les gentlemen y fassent une carrière honorable. Alain Anziani, tout nouveau sénateur socialiste de Gironde, est de ceux-là. « Un homme d'une grande humanité et d'une grande générosité », dit de lui son adjoint à la fédération du PS Ludovic Freygefond. Mais à droite, on aurait aussi du mal à trouver quelqu'un pour le démentir. Pourtant, en quinze années à la tête du PS girondin, Alain Anziani (57 ans) a eu de multiples occasions de se faire des ennemis : « à ce poste, quand ça ne va pas, c'est la faute du secrétaire fédéral et quand ça va bien, c'est grâce aux autres », dit-il. S'il lui est arrivé d'exclure, Alain Anziani a lui aussi connu les affres de la mise à l'écart. Par exemple en 1998, quand il avait été promu tête de liste aux régionales avant d'être débarqué.
Président de Région, voilà un titre qui aurait bien convenu à celui qui a fait ses premières armes en politique au cabinet aquitain de Philippe Madrelle, avec un certain Alain Rousset, celui-là même qu'il avait connu et estimé sur les bancs de l'IEP à Paris.
Mai 68, la vocation.
Comme beaucoup d'hommes de gauche de sa génération, mai 68 a été le déclencheur de sa vocation politique : « Tout paraissait possible. » Son entrée au PS se déroula six ans plus tard, juste après la victoire de Giscard : « Je me suis reconnu dans Mitterrand et c'est pourquoi je suis devenu proche de Laurent Fabius par la suite.