Que faire quand la sauce ne prend pas ?
Quand un modeste 26 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle vous donne une petite boule à l’estomac ?
Quand l’un de vos ministres les plus proches, se trouve pris les doigts dans la confiture et doit répondre de ses deux mains, l’une qui gère le budget de l’État, l’autre qui s’occupe du financement de votre parti ?
Quand, finalement, après trois années d’agapes, inaugurées au Fouquet’s, tout tourne au vinaigre au point qu’un hebdomadaire, plutôt bienveillant, demande, en couverture, si vous êtes nul ?
La solution est simple : revenir à vos vieilles recettes. Celles du pot de fer dans lequel vous avez mitonné vos succès. Touiller l’insécurité, y ajouter une grande pincée de lois répressives et servir brûlant en tambourinant sur les casseroles pour alerter le chaland.
Voilà la vraie nouvelle de ces derniers jours : le chef cuisinier est revenu aux fourneaux. Comme à son habitude, par la droite ; et même par la porte dérobée de l’extrême droite, avec toujours la même cuisine épicée : prison pour les parents des mineurs délinquants, déchéance de la nationalité française, nouvelles peines planchers, remise en cause des prestations des étrangers en situation irrégulière, campagne contre la communauté des Roms, stigmatisée dans son ensemble comme des parias …
Dans un ordre parfait, les cuistots se sont mis en mouvement.
Le saucier Éric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes, affine sa proposition de loi sur la responsabilité pénale des parents. Le maître-coq Thierry Mariani se prépare à découper la nationalité en tranches. Bien entendu, le gâte-sauce Brice Hortefeux propose de récurer plus loin, plus haut, plus fort.
25 confiseurs, dont le Girondin Jean Paul GARRAUD, rassemblés sous l’enseigne de la « droite populaire », se réjouissent de ce retour de la grande cuisine du Maitre SARKOZY, une adresse qui était en train de péricliter. L’un de ses biscuitiers, Lionel Luca, a l’obligeance de préciser à quelle clientèle les mets sont destinés : « Le collectif fera tout pour empêcher le parti frontiste de reprendre des voix ». On avait bien lu la carte.