Le Sénat a adopté, dans la nuit du 16 au 17 novembre, la proposition de loi présentée par Mme Nicole Borvo Cohen-Seat et plusieurs de ses collègues relative à l'abrogation du conseiller territorial instauré par la loi du 16 décembre 2010. 
Sans préjuger des conclusions des états généraux de la décentralisation annoncés par le président du Sénat, M. Jean-Pierre Bel, qui devront aboutir à la mise en place de mesures permettant un renforcement et une revitalisation de la démocratie locale, le Sénat a approuvé la proposition de loi et estimé nécessaire d'abroger les dispositions relatives aux conseillers territoriaux.

Elle a, rétabli les articles du code électoral qui ont été modifiés par la loi du 16 décembre dans leur rédaction antérieure à cette  loi et a abroger aussi les articles 81 et 82 de cette même loi.


résultat du vote:

Ecoutant les élus locaux, la nouvelle majorité du Sénat propose de modifier le calendrier et la méthode d’élaboration de la carte intercommunale. La proposition de loi déposée par Jean Pierre SUEUR, président de la commission des lois, a été votée le 4 novembre par 187 voix contre 141.

Elle reporte au 31  octobre 2012 les nouvelles cartes intercommunales dont l’adoption est aujourd’hui prévue au 31 décembre 2011.

Elle introduit davantage de souplesse dans la révision de l’intercommunalité : 

  • Ø la Commission Départementale de coopération intercommunale, et non plus le Préfet, apprécie s’il y a lieu, du fait de spécificités géographiques, d’abaisser ou non le seuil démographique de 5.000 habitants des communautés de communes.
  • Ø la suppression de syndicats ou la modification de leur périmètre est conditionnée à la reprise de leurs compétences par un Etablissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre,
  • Ø la compétence des syndicats en matière de création et de fonctionnement des écoles et en matière d’action sociale est maintenue.
  • Ø pour répondre aux réclamations portant sur la réduction à un seul représentant pour les petites communes résultant du barème légal, le texte propose que le suppléant dispose des mêmes droits que le titulaire absent.
  • Ø Le nombre de membres des conseils de communauté peut être relevée de 25% en cas de consensus local.
  • Ø Le président d’une communauté de communes peut renoncer au transfert partiel des pouvoirs de police des maires avant la fin de l’année 2012.

L’élaboration du Schéma départemental de coopération intercommunale fait l’objet de nombreuses critiques de la part des élus locaux.

Ce mécontentement a conduit le Gouvernement, interrogé par Jean Pierre BEL, a accepté le principe du report de la date butoir du 31 décembre 2011… mais sans envisager de modification législative alors que cette échéance a été fixée par la loi du 16 décembre 2010. Comme le rappelle la FNESER, le maintien de cette disposition législative laisse en fait les Préfets maîtres de la carte intercommunale

Pour clarifier la situation, la nouvelle majorité du Sénat propose de modifier le calendrier et la méthode d’élaboration de la carte intercommunale. La commission des lois, réunie ce matin, 26 octobre, a adopté une proposition tendant à modifier profondément la loi relative à l’intercommunalité. Elle comporte les dispositions suivantes :

COMMUNIQUE DE PRESSE

                                                              

 REVISER LA REFORME TERRITORIALE JEAN PIERRE BEL OBTIENT GAIN DE CAUSE


Dés son élection, le Président du Sénat a demandé lors d’un entretien avec le Premier Ministre de renoncer au conseiller territorial et de donner du temps à la révision de la carte intercommunale qui selon la loi doit être adoptée avant le 31 décembre 2011.

 

À la suite de la censure du Conseil Constitutionnel, le parlement a examiné de nouveau le nombre de cantons par région et par département.

Le nouveau tableau, adopté le 7 juin dernier par le Sénat,  ne modifie pas la répartition girondine : 79 conseillers territoriaux sur un total de 211 en Aquitaine.

Lors du débat, Philippe RICHERT, ministre des collectivités territoriales, a apporté certaines précisions aux questions en cours.

1/ Sur le REDÉCOUPAGE des cantons

La loi a prévu que les limites des cantons correspondront à celles des circonscriptions législatives et qu'elles ne diviseront pas une commune de moins de 3.500 habitants.

Philippe RICHERT a précisé la méthode et le calendrier :

« Le principe est donc d’une démarche en deux temps : après cette première phase durant laquelle nous travaillerons sur les régions dans lesquelles ne se dérouleront pas d’élections sénatoriales en septembre, nous passerons ensuite aux régions dans lesquelles ces élections auront eu lieu. Vous comprenez qu’une telle dissociation est indispensable afin que tout se passe dans la plus grande sérénité. Je tiens à apporter une autre précision : nous devrons, vous l’aurez compris, avoir achevé ce travail avant le mois de mars 2013, dans la mesure où il faut respecter un décalage d’un an par rapport à l’élection des premiers conseillers territoriaux, en mars 2014. »

Le redécoupage devrait donc faire l’objet de plusieurs phases :

  • un premier projet de découpage concernant quelques régions sera soumis avant l’été au Conseil d'Etat afin que ce dernier précise si les écarts de population envisagés entre les cantons d'un même département sont acceptables.

Il est en effet rappeler que l’écart des +/_ 20% de la population d’une circonscription législative, imposée par le Conseil Constitutionnel, ne s’applique pas aux élections locales qui relèvent de la compétence du Conseil d’Etat. Ce dernier a toutefois fréquemment demandé un écart « raisonnable » de population entre les cantons.

  • À l’automne, des propositions seront faites dans les régions et départements non concernés par les élections sénatoriales" (et donc en Gironde).

Selon le Ministre, ce remodelage se fera selon des critères essentiellement démographiques", mais "des dérogations d'intérêt général seront admises", en particulier pour les territoires ruraux et montagneux.

Les limites des intercommunalités serviront "chaque fois que possible de base à la délimitation des cantons".

  • In fine, le redécoupage cantonal fera l’objet d’un projet de décret pour chaque département. Ils seront soumis à l'avis des conseils généraux (article L. 3113-2 du CGCT), mais pas à celui des Conseils régionaux.

« Il va de soi que les conseils généraux seront consultés, que les parlementaires concernés seront interrogés et que le Conseil d’État devra valider notre travail… l’avis du conseil régional, qui sera dorénavant formé de la réunion des conseils généraux de la région, n’est pas nécessaire puisque ses membres, en tant que conseillers généraux, seront déjà consultés. »

  • Les décrets seront publiés au plus tard en mars 2013.

2/ Sur le projet de SDCI soumis à la CDCI

Le Préfet ne sera pas lié par le projet de SDCI notifié aux collectivités en mai. Il pourra tenir compte de l’avis de ces dernières et proposer à la CDCI un texte modifié.

Nous ne savons toujours pas  la CDCI votera ou non sur l’ensemble du projet présenté par le Préfet (cf ma question au ministre). Selon le Préfet de Gironde que j’ai interrogé, la loi ne prévoit pas un tel vote. Si tel est le cas, le pouvoir de la CDCI se limitera à amender à la majorité des 2/3 les propositions du préfet sans possibilité de s’opposer à l’ensemble du schéma.

Toutefois, Philippe RICHERT a assuré :

« je souhaite que l’organisation du schéma départemental des EPCI se fasse par coproduction… le projet de schéma élaboré par le préfet a pour vocation de servir de base à la discussion. Cela suppose que le préfet ne va pas nécessairement s’arc-bouter sur sa proposition initiale et que celle-ci pourra évoluer, en fonction des observations des élus… Cela ne signifie pas que le préfet doive tout approuver, mais, très souvent, les propositions formulées par les élus méritent d’être prises en considération… La loi dispose que, dans le cas où il serait impossible, en raison de blocages ou de difficultés particulières, que le schéma soit adopté avant le 31 décembre 2011, le préfet pourra décider de déroger à cette date ».

3/ Sur la fin des mandats des vice-présidents des intercommunalités.

En l’état de la loi, les mandats des vice-présidents d’intercommunalités prendront fin avec la fusion de plusieurs EPCI, même si celle-ci intervient avant 2014. 

 

Devant le groupe socialiste du Sénat, l'institut HARRIS INTERACTIVE a présenté le 24 mai 2011 une enquête effectuée auprès de 500 élus locaux (conseiller municipal, conseiller régional, conseiller général).

Les principaux résultats sont les suivants :

1/ SUR LA VISION DES ÉCHELONS LOCAUX ET DE L'ÉVOLUTION DES SERVICES PUBLICS.

L'échelon local jugé le plus essentiel est la commune (80%), puis l'intercommunalité (64%), devant les conseils généraux (53%), les conseils régionaux

(46%). Les cantons ne sont considérés comme essentiels que par 34% des élus.

L'ensemble des services publics locaux est perçu comme en voie de dégradation par la quasi-totalité des élus locaux. En  particulier, la Poste et les structures de santé. 

2/ SUR LA REFORME TERRITORIALE

- 77% des élus locaux estiment qu'ils n'ont pas été "suffisamment consultés dans l'élaboration de la réforme territoriale". 

Dans un arrêt faiblement motivé, le Conseil Constitutionnel a validé le 9 décembre dernier la loi portant réforme des collectivités territoriales.

Il approuve en particulier la création du Conseiller territorial.

Toutefois, il censure la répartition des conseillers territoriaux qui était fixée par tableau joint à la loi.

  • Le Conseil Constitutionnel rappelle que « l'organe délibérant d'un département ou d'une région de la République doit être élu sur des bases essentiellement démographiques selon une répartition des sièges et une délimitation des circonscriptions respectant au mieux l'égalité devant le suffrage ».
  • Il relève ensuite qu’en LORRAINE, AUVERGNE, LANGUEDOC ROUSSILLON, MIDI PYRÉNÉES, RHÔNE ALPES,  et dans les Pays de la Loire, la répartition des conseillers territoriaux dans les départements s’écarte de la moyenne régionale dans une « mesure manifestement disproportionnée ».
  • Il conclut en censurant le tableau fixant le nombre et la répartition des conseillers territoriaux dans l’ensemble des régions et départements.

DECRYPTAGE :

Cette décision oblige le gouvernement à déposer un nouveau projet de loi fixant la répartition des conseillers territoriaux.

Ø Politiquement, la décision a une portée limitée :

  • elle ne remet pas en cause le conseiller territorial
  • elle n’empêchera pas vraisemblablement l’adoption d’une nouvelle répartition dans les prochains mois.  Si les centristes, par la voix du sénateur J. ARTHUIS, ont annoncé qu’ils ne voteraient pas une nouvelle loi, ce qui ne permettra pas au gouvernement de compter sur une majorité au Sénat, le projet devrait être définitivement voté par l’Assemblée Nationale.

Ø Le nouveau texte ne devrait pas remettre en cause le nombre de conseillers territoriaux en Aquitaine (211) et en Gironde (79).

Ø Le redécoupage des futurs « super-cantons » devra s’inscrire dans le cadre défini :

  • Pas d’écart de population dans un canton de +/- 20% de la moyenne départementale.
  • Pas de référence au nombre actuel des cantons : « la volonté de ne pas s'écarter trop sensiblement du nombre des cantons fixé antérieurement à la réforme ne peut être regardée comme un impératif d'intérêt général susceptible de justifier des atteintes au principe d'égalité devant le suffrage ».

Après plus de quatre heures d'intenses négociations, la commission mixte paritaire a voté hier un texte commun à l'assemblée nationale et au sénat. Les six membres de l'opposition ont voté contre. Les sept de la majorité présidentielle ont voté pour, et le sénateur centriste s'est abstenu.

Ce texte devrait être soumis à l'Assemblée et au Sénat, dés la semaine prochaine pour un vote définitif.

Les principales modifications sont les suivantes:

L'élection du conseiller territorial se fera selon un mode de scrutin uninominal à deux tours avec un seuil de maintien au second tour égal au moins à 12,5% des inscrits.

La clause de compétence générale attribuée des départements et régions est supprimée. Mais cette suppression est reportée du 1er janvier 2012 au 1er janvier 2015, soit après l'élection des premiers conseillers territoriaux. Toutefois, une compétence pourra être partagée entre plusieurs catégories de collectivités territoriales, notamment en faveur du tourisme, du sport et de la culture.

Une participation  minimale du maitre de l'ouvrage sera fixée à 20 % du montant total des financements apportés pour les communes de moins de 3 500 communes et pour les intercommunalités de moins de 50 000 habitants. Pour les autres collectivités et leurs groupements, elle sera de 30 %. Des dérogations sont prévues pour la rénovation urbaine, la rénovation des monuments protégés ou les dommages causés par les catastrophes naturelles.

Le cumul des subventions de la Région et du Département sera également interdit à compter de 2015. A défaut, d’adoption d’un tel schéma, seules les communes de 3500 habitants ou les intercommunalités de moins de 50 000 habitant pourront alors bénéficier des subventions des deux niveaux de collectivités territoriales. 

Les communes nouvelles ne pourront pas se faire contre une commune. La fusion nécessitera l'accord de tous les conseils municipaux. A défaut, elle devra obtenir le vote d'une majorité des électeurs de la commune concernée.

Les pénalités financières envers les partis ne présentant pas suffisamment de femmes au niveau départemental sont renforcées.

Le reste du texte adopté par l'Assemblée nationale demeure inchangé (intercommunalité, métropole...).

La commission des lois de l’Assemblée nationale a établi le texte qui sera soumis au vote des députés à partir du 15 septembre prochain.

A la demande du gouvernement, la commission est largement revenue sur les modifications apportées par le Sénat.

  • Ø Le Conseiller territorial : mode de scrutin rétabli.

Les conseillers territoriaux sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Ils sont renouvelés intégralement tous les six ans.

Le seuil exigé pour se porter candidat au second tour des élections cantonales est porté de 10% des inscrits à 12,5%.

La délimitation des nouveaux cantons devra respecter les limites des circonscriptions législatives. Une commune de moins de 3 500 habitants devra être incluse dans un seul canton (idem Sénat)

La représentation moyenne de chaque département doit se situer dans une fourchette de plus ou moins 20% par rapport à la représentation moyenne des habitants par conseiller territorial à l’échelon de la région (idem Sénat).

Le nombre de conseillers territoriaux en Aquitaine et en Gironde n’est pas modifié :

Aquitaine 211

Dordogne 33

Gironde 79

Landes 27

Lot-et-Garonne 27

Pyrénées-Atlantiques 45

  • Ø Les métropoles : transfert de la taxe foncière

Le transfert de plein droit de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue par les communes membres et la possibilité de transférer à une majorité qualifiée leur dotation globale de fonctionnement à l’échelon de la métropole, supprimé par le Sénat, est rétabli.

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