Depuis plusieurs mois, au nom de la lutte contre le déficit public, le comité BALLADUR, puis le gouvernement nous annoncent un big bang territorial. L’idée est simple, simpliste : réduire le nombre d’élus pour réduire les coûts. L’argument n’a évidemment qu’un intérêt populiste. 80% du déficit public est imputable à l’Etat qui, aujourd’hui, emprunte pour financer son fonctionnement, ce que la loi interdit heureusement à nos communes, départements, régions.
Tous ceux qui ont mis en place la décentralisation en 1982 ne peuvent qu’être favorables à de nouvelles avancées. Mais non à des reculs.

Prenons l’exemple de la création de métropoles annoncée par le texte du gouvernement. Six ou sept métropoles de 500 000 habitants me semblent souhaitables pour renforcer notre milieu urbain. Mais à condition de ne pas répéter l’erreur d’aménagement du territoire qui dans les années cinquante avait opposé Paris au désert français pour reprendre le titre de l’ouvrage de Jean François GRAVIER. Dans son périmètre urbain, la métropole devait prendre les compétences et les ressources du Département. Oui, mais voilà, une telle substitution coupait, par exemple, le Département du Nord en deux, au sud et au nord de la métropole lilloise. Ou bien en Gironde, condamnait le Département à n’être qu’une caisse vide, là où aujourd’hui, il est le principal soutien financier du monde rural.